L'Assemblée nationale accueille mercredi un débat inédit sur une pétition ayant recueilli plus de 2,1 millions de signatures contre la "Loi Duplomb". Ce texte facilite le stockage d'eau et l'agrandissement des bâtiments d'élevage, et avait initialement réintroduit le pesticide acétamipride. Paradoxe : alors que ce débat historique se tient sans vote possible, le sénateur Laurent Duplomb dépose simultanément au Sénat un nouveau projet de loi visant à réintroduire cet insecticide.
La loi initiale, adoptée début juillet par le Parlement avec le soutien des macronistes, de LR et de l'extręme droite, a été largement censurée par le Conseil constitutionnel. L'instance a notamment rejeté la disposition autorisant conditionnellement l'acétamipride, un néonicotinoïde qualifié de « tueur d'abeilles » par ses détracteurs, pour « faute d'encadrement suffisant ». Ce pesticide reste interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe.
Mobilisation et critiques virulentes
Plus de 200 organisations, dont Greenpeace et la Confédération paysanne, appellent à un rassemblement près de l'Assemblée à 12h30. La députée insoumise Aurélie Trouvé dénonce le nouveau projet comme une « charge trumpiste, dangereuse, provocatrice », accusant la droite de « piétiner » ce qu'elle qualifie de « la plus importante de l'histoire parlementaire ».
Le chef des députés communistes Stéphane Peu regrette qu'une telle mobilisation n'aboutisse qu'à « quelques heures dans l'hémicycle » sans « qu'elle soit remise au vote des parlementaires ». Une députée écologiste juge le débat inutile, rappelant qu'il a été « décalé 15 fois ». Un député MoDem prédit męme un « pugilat ».
Arguments des défenseurs
Le sénateur Laurent Duplomb justifie son nouveau texte par la nécessité de soutenir les producteurs de betteraves et de noisettes face aux épidémies. « C'est une injustice pour tous les agriculteurs français à qui on interdit ce que l'on autorise à tous les autres », argumente-t-il dans un communiqué. Il prévient que les restrictions actuelles mènent « inévitablement à la disparition de certaines filières françaises ».
Le député LR Antoine Vermorel-Marques va plus loin : « On devrait défendre l'intervention de l'acétamipride à l'échelle européenne. Pour l'instant on est sur le nivellement par le bas. »
Modalités et perspectives
Le débat débutera à 15h avec des interventions des groupes politiques et de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. La présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet a expliqué que les nouvelles modalités visaient à éviter un résultat « trop insatisfaisant ». Elle se prononce pour abaisser le seuil du référendum d'initiative partagée, actuellement fixé à plus de 4,5 millions de signatures.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exclu d'intégrer la nouvelle proposition sur le pesticide dans la « loi d'urgence » agricole à venir. Les discussions de mercredi porteront à nouveau sur les alternatives au pesticide et les preuves de sa dangerosité.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).



