Jeff Landry, envoyé spécial de Donald Trump pour le Groenland et gouverneur de Louisiane, a été désinvité de la plus grande course de chiens de traîneau du Groenland. La Fédération groenlandaise de traîneau à chiens (KNQK) a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi avoir annulé l'invitation à l'Avannaata Qimussersua, prévue le 28 mars, jugeant celle-ci «totalement inappropriée». Cet incident s'inscrit dans une offensive américaine plus large pour influencer la population groenlandaise, largement hostile à une annexion par les États-Unis.
L'invitation avait été lancée par Kristian Jeremiassen, un opérateur touristique privé et homme politique, sans que la KNQK n'en soit informée. La fédération a dénoncé le fait qu'il soit «inacceptable que des pressions politiques soient exercées depuis l'extérieur». Jeremiassen a déclaré à la chaîne groenlandaise KNR avoir invité «de nombreuses personnes différentes» «afin de promouvoir le tourisme dans le nord du Groenland».
Une course à forte valeur identitaire
L'Avannaata Qimussersua se déroule à Qasigiannguit, une petite localité de l'ouest du Groenland, et rassemble environ une trentaine d'équipes. «C'est très important pour les Groenlandais, et c'est une expérience très émouvante d'y aller car les meilleurs conducteurs de chiens de traîneau du Groenland s'y réunissent pour concourir», explique Manumina Lund Jensen, maître de conférence en histoire culturelle et sociale à l'Université du Groenland. Cette compétition fait partie de la «culture vivante» de l'île et de sa population de 57 000 habitants, dont près de 90 % sont inuits.
Tentative similaire l'an dernier
Un incident comparable s'était déjà produit l'année dernière. Usha Vance, épouse du vice-président américain JD Vance, avait prévu d'assister à la męme course. Le consulat américain avait alors proposé de financer la majorité de l'événement, ce qui avait provoqué de vives protestations au Danemark, estimant qu'il s'agissait d'une «pression inacceptable». La délégation américaine avait finalement modifié ses plans et visité la base aérienne de Pituffik dans le nord-ouest du Groenland.
Selon Mikaa Blugeon-Mered, chercheur en géopolitique des pôles et auteur de «Mondes polaires», Jeremiassen est un politicien «en perte de vitesse (...) dont l'objectif est d'abord et avant tout de pouvoir devenir une espèce d'intermédiaire (avec les États-Unis) pour faire fleurir son business». Le chercheur a déclaré à l'AFP : «On est dans des manœuvres, sinon d'ingérence très claire» mais à tout le moins «de diplomatie douce».
Campagne d'influence américaine
La télévision publique danoise DR a révélé en août dernier qu'au moins trois Américains liés à Trump menaient des opérations d'influence au Groenland. Le Wall Street Journal a rapporté en mai que les services de renseignement américains avaient reçu l'ordre de recueillir des informations sur le mouvement indépendantiste groenlandais et les opinions concernant une potentielle exploitation des ressources naturelles de l'île par les États-Unis. Le territoire autonome danois se trouve au cœur d'un regain de tensions entre Washington et les Européens.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).





